LA PAROISSE‎ > ‎

lettre à mes paroissiens

  lettre à mes paroissiens  

Photo : Vous êtes « ma famille », celle que Jésus m’a confiée et à qui j’ai donné ma vie. Dans ces « épousailles » avec vous,  mon célibat de prêtre ne cesse de prendre tout son sens. J’ai essayé de vous aimer, de vous servir souvent avec passion et grande joie, parfois dans les larmes et les doutes, mais toujours avec le souci de vous conduire au Christ, de vous donner le Christ. J’ai essayé d’être « tout à tous » pour reprendre une expression chère à l’apôtre Paul, avec mes talents et mes fragilités. Alors que je vais bientôt vous quitter pour une autre mission, je tiens à reprendre avec vous le chemin parcouru depuis quatorze ans.

Mon souci premier a été de promouvoir la communion fraternelle, conscient que « c’est à l’amour fraternel que l’on reconnaît les disciples du Christ ». Pas d’évangélisation possible, pas de crédibilité de l’Evangile sans une communion fraternelle réelle au-delà des clivages et des sensibilités spirituelles. Ma joie a toujours été de rassembler, surtout le dimanche et les jours de fête,  un peuple riche d’une belle diversité tant par l’âge, que par ses origines culturelles et appartenances sociales, politiques ou sensibilités religieuses. C’est une conviction : la communion n’est jamais totalement acquise. Elle est toujours à rechercher, coûte que coûte. Elle réclame de chacun de nous, des prêtres et des paroissiens, prière, humilité, pardon, compréhension, persévérance, ouverture de cœur… Tordons le cou à tout ce qui détruit la communion ! C’est là un vrai défi à relever chaque jour pour les disciples du Christ que nous sommes.

Résultat de recherche d'images pour "prier"Mon second souci a été d’enraciner la mission confiée dans la prière. Elle est le lieu de toutes les fécondités, parfois inespérées. Par la prière, nous apprenons à nous recevoir du Christ comme Maître et Seigneur de nos vies. Prier, c’est revenir sans cesse à la source de sa vocation personnelle et ecclésiale, c’est apprendre à quitter nos manières de voir pour laisser Dieu nous parler et nous dire : « lève toi et marche »… « n’aie pas peur »…« Avance en eau profonde »…Viens, suis-moi ! »…

La venue des reliques de Ste Thérèse a été certainement un événement important pour nous relancer dans la prière en particulier à travers ces neuvaines qui, d’année en année, nous ont rassemblés pour fêter Ste Thérèse et aussi nous préparer à la Pentecôte. Nous avons aussi continué ces veillées de prière mises en place par mon prédécesseur les vendredi de l’Avent et du Carême. Celles-ci nous ont aidés, là encore, à nous recentrer sur le Christ autour des deux tables de la Parole et de l’Eucharistie. L’Adoration eucharistique assurée par quelques unes d’entre vous du lundi au vendredi, est aussi partie intégrante de la mission. J’espère que d’autres entendront l’appel à donner une heure par semaine pour adorer le Seigneur, être là devant lui,  le cœur habité par bien des visages que la mission nous conduit à rencontrer et à accompagner.  L’adoration est un acte de gratuité, de pur amour rendu à Dieu et aux hommes.

En évoquant la centralité de la prière, je ne peux oublier également les équipes du Rosaire qui, de mois en mois, se rassemblent et aussi les chrétiens qui se retrouvent régulièrement dans le cadre d’un mouvement d’Eglise tels que les Equipes Notre Dame (END), l’Action catholique Ouvrière (ACO), le mouvement des cadres chrétiens (MCC), l’Action catholique des femmes (ACF), le mouvement chrétiens des retraités (MCR), les Maisons de l’Alliance (Verbe de Vie).

Oui, il nous faut soigner notre relation au Seigneur et approfondir notre foi. Si cela vient à manquer, nous risquons de nous décourager,  de nous dénaturer, de perdre la flamme, de laisser place à bien des futilités. La foi n’est pas chemin facile. Dans ma relation aux enfants du catéchisme, je les ai souvent invités à « prendre un repas chaque jour avec Jésus » ; je me réjouis aussi de voir des couples se mettre à prier ensemble et combien j’aimerais que les familles redécouvrent, elles aussi, la prière comme chemin de communion et d’apaisement.

La prière n’est pas une refuge mais un appel à sortir, à quitter les « bruits » du monde, à se retrouver en face de la vraie Vie. Aujourd’hui plus qu’hier, nous avons un réel besoin d’intériorité. Il nous faut la choisir et la promouvoir. C’est un service à rendre à nous-mêmes et à nos contemporains! Prier est devenu un acte hautement prophétique !

Résultat de recherche d'images pour "une paroisse missionnaire"Mon troisième souci a toujours été de promouvoir une paroisse missionnaire. L’Eglise ne vit pas pour elle-même, elles est donnée au monde : « Allez de toutes les nations, faites des disciples » ! (Mt 28). Pour ce faire, je vous ai encouragés à être « disciples missionnaires » pour reprendre une formule désormais bien connue. Nous sommes « missionnés » par le Christ pour être « son regard, sa patience, son pardon, sa compassion, son écoute »… parfois même sa « colère » - rappelons-nous les fameuses colères de l’abbé Pierre - auprès de ceux qui nous entourent. Il s’agit surtout de laisser tomber bien des « à priori » sur les personnes rencontrées, de les accueillir pour ce qu’elles sont, de prendre le temps de l’écoute, de chercher à les comprendre, à les aimer, à les servir… En cela, nous avons toujours et toujours des conversions à vivre, des peurs à surmonter, des initiatives à prendre, des joies à découvrir !

Notre communion, chaque dimanche, à la « Présence réelle » de Jésus dans l’Eucharistie nous conduit à être « réellement présents » à ce monde que Dieu aime.

C’est bien dans cet esprit que nous avons lancé il y a trois ans les équipes de quartier. L’expérience acquise nous aide à les promouvoir à partir de trois mots : Prière, Partage, Mission. La prière pour nous mettre à l’écoute du Christ, le Partage pour réaliser les attentes, les joies, les souffrances, les événements qui traversent notre vie et la vie des gens du quartier et la Mission qui consiste à répondre aux appels que l’on aura su discerner ( une visite à rendre, un coup de fil, une invitation, un service à proposer, un renseignement à donner….)

La mission porte aussi en elle-même l’attention et une présence aux personnes fragilisées par la vie. Nous avons essayé de répondre aux détresses rencontrées en particulier dans l’accueil et l’accompagnement des personnes migrantes, par l’engagement de plusieurs d’entre vous dans les associations caritatives telles que le secours catholique, les conférences St Vincent de Paul, le réseau « éducation sans frontière », l’association « Solidarité prison justice », l’accompagnement scolaire… Plusieurs d’entre vous sont également membres du service paroissial des malades et portent la communion à quelques uns d’entre eux… Plus récemment, nous avons lancé les « dimanches de la fraternité ». Ils ont permis à des personnes seules de venir à la messe et de vivre un repas fraternel dans une bonne ambiance. Le service OASIS mis en œuvre pour les déplacements des personnes handicapées il y a quelques années a repris des couleurs en donnant à des personnes à mobilité réduite de pouvoir nous rejoindre le dimanche.

 

A cette pastorale dite de « proximité », j’ajouterai une pastorale de « projets » qui permet de rejoindre un public plus large et parfois éloigné de l’Eglise. En cela, nous avons besoin d’être imaginatifs, de sortir des chemins battus…

Photo : Nous avons vécu de belles expériences avec la venue des reliques de Ste Thérèse de l’Enfant Jésus en 2007, les journées du patrimoine en particulier celle organisée avec le sculpteur Juan Carlos Carrillo et Mireille Vitry pour la mosaïque ; les fêtes thérésiennes  et les diverses animations vécues dont l’expo et la conférence sur « Ste Thérèse et les poilus » ; la soirée avec Sœur Laetitia et le père Jean Bernard sur les poèmes de Thérèse ; les soirées « danser la fraternité » où je me suis réjoui de voir Bernadette, rwandaise, danser des danses bretonnes avec Elisa, d’origine espagnole ; la fête des 50 ans de l’église Ste Thérèse en 2011 avec le concours de dessins d’enfant, le concert d’Hugues Fantino et le livre conçu par Michèle VALLEE aujourd’hui décédée ; les fêtes de la St Valentin ; la bénédiction en 2005 de la statue de Notre Dame de la Joie ; la messe télévisée avec Le Jour du Seigneur en 2015 que l’on peut toujours voir sur le site de la paroisse qui, lui aussi, avec Facebook,  est devenu un outil indispensable pour la communication ; la sortie « portes ouvertes » du séminaire de Lille où Gaëtan AMIET poursuit sa formation de futur prêtre diocésain ; la marche à Notre Dame de l’Epine dans le cadre de l’année de la miséricorde ….

Enfin que serait la mission sans l’investissement de plusieurs d’entre vous dans l’entretien et les réalisations matérielles au profit de la mission ! Merci à tous les « professionnels » du balai, du chiffon, du tournevis, du marteau, de la tondeuse, du Résultat de recherche d'images pour "nettoyage église"pinceau, de la couture, de la musique, de l’art floral, de la bricole à tout va… De belles réalisations ont été faites : la statue de Notre Dame de la joie et son support, la mise en place d’une nouvelle sono, le montage d’un écran pour la projection des chants ; le renouvellement complet des chaises de l’église, la rampe d’accès à l’autel, la réfection des moquettes et des tabourets du chœur, la confection des bancs, la construction du nouveau clocher, l’aménagement du baptistère et son éclairage, sans oublier l’entretien des salles… Merci à tous pour ces travaux de l’ombre qui participent pleinement à la mission !

Par ces lignes je réalise un peu mieux par quels chemins l’Esprit Saint nous a conduits durant ces années passées au milieu de vous. Je rends grâce au Seigneur pour les nombreux collaborateurs(trices) qu’il a mis sur mon chemin : les membres des équipes pastorales et des équipes liturgiques, des conseils pastoraux et économiques qui ont toujours su se renouveler, les prêtres avec qui j’ai partagé la mission, les pères Pascal, Grégoire, Jean Baptiste et maintenant Théophile,  et vous tous qui prenez part à la vie et à la mission de la communauté. Ma joie c’est de vous voir poursuivre la route en mettant à profit les richesses qui vous animent. La communauté est belle de chacun de vos visages sans oublier les personnes dont l’âge ou la santé ne leur permettent plus de nous rejoindre le dimanche. Elles demeurent bien présentes dans ma prière et je sais que je peux compter sur la leur. D’autres visages restent présents dans mon cœur, ceux de mes parents qui m’ont quitté au moment où j’arrivais sur cette paroisse mais aussi le visage de paroissiens et de prêtres qui ont marqué de leur empreinte la vie de la communauté et qui ont rejoint la maison du Père.

 

           Bien fraternellement et avec ma profonde reconnaissance, Père Marc

Ste Thérèse, dimanche 25 juin 2017.