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Editos


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Edito de Carême :

Briser les chaînes pour tisser des liens. 

Nous entrons donc dans une « traversée du désert » de quarante jours, qui nous mènera symboliquement de « l’Egypte », terre d’esclavage, à la liberté absolue des enfants de Dieu, via Pâques et la Résurrection Mais la liberté vers laquelle nous cheminons n’est pas celle de la révolte ! C’est l’esclave qui rêve de prendre la place du maître et de donner des ordres. Cet itinéraire du carême ne vise pas non plus à la liberté abstraite de pouvoir enfin n’avoir ni règle ni limite et il ne s’agit pas davantage de   renoncer « parce qu’il le faut », temporairement et à regret, à mille choses petites ou grandes, en en faisant le sacrifice pour montrer qu’on a de la volonté !

Notre liberté doit permettre un engagement. Nous sortons de l’obligation, de la peur, de la contrainte extérieure, de l’habitude, pour tisser les liens librement voulus de l’amour du prochain. Mais cela passe par l’épreuve et le choix. Au milieu du désert, l’alternative se pose : ou bien accueillir volontairement la Loi de Dieu, qui pose des interdits et obligations, pour permettre de construire une communauté fraternelle, ou bien rester prisonniers de nos désirs, de nos rêves et de nos peurs, et tourner indéfiniment en rond.

Le carême est une aventure « intérieure » qui exprime le mouvement de notre existence entière. Ce doit être une étape, non une parenthèse.  Cependant, ce temps de « libération », nous pouvons aussi le vivre, à cause de la COVID, comme un temps d’emprisonnement et de contrainte subie. Quand le printemps revient, que les jours rallongent, et qu’on craint de rester enfermé chez soi, pour cause de pandémie, on peut expérimenter paradoxalement à la fois une solitude et une trop grande promiscuité, vivant à la fois toutes les épreuves du désert !

Que Dieu nous donne la patience, la confiance et la charité. Sans cela nous ne sortirons jamais de notre désert personnel. L’enfer, c’est les autres. Le paradis c’est les autres. Dans le désert Dieu nous propose de croire en la fraternité comme chemin de vraie liberté.

Jacques Wersinger


 Edito du dimanche 24 janvier 2021

Donner des signes de vie ici et maintenant.

 Nous sommes trop souvent focalisés sur ce que nous ne pouvons pas – ou plus – ou pas encore faire. Du coup le souvenir du passé ou l’espérance dans l’avenir ne sont plus des moteurs pour le temps présent. Le risque est de nous mettre d’une certaine manière en hibernation en attendant des jours meilleurs. Or, « c’est maintenant le moment favorable ».

L’évangile se conjugue au présent. Quand tous attendaient, ou regrettaient le Christ agissait. Il agissait sur ce qu’il pouvait faire là où il était, face aux besoins présents des personnes concrètes. En fait, en regardant bien, ce n’était pas grand-chose à l’échelle du pays ou de l’Empire ! Quelques malades guéris, quelques hypocrites remis en place, quelques exclus accueillis, quelques règles de bon sens rappelées. Et quelques actions certes extraordinaires (marcher sur la mer, la multiplication des pains) mais dont le sens et la portée échappaient encore à la plupart. L’essentiel n’était pas dans la quantité de choses réalisées. L’essentiel était qu’au milieu du fatalisme des uns et du fatalisme des autres, un chemin d’humanité réel, concret, possible pour n’importe qui se dessinait.

 Ce dimanche, pour conclure la semaine de prière pour l’unité des chrétiens, nous aurons un temps de prière œcuménique à Sainte-Thérèse. Cela va exactement dans le sens et la logique du « possible, maintenant », porteur d’espérance cher au Seigneur. Au sein d’un monde fracturé, divisé, où les frontières se ferment et ou des cœurs se confinent, quelques chrétiens, qui naguère se sont déchirés, méprisés ou du moins ignorés, se réjouissent ensemble de reconnaître chacun en l’autre la présence de l’Esprit de Dieu. Puisse ce signe donner énergie et confiance à ceux qui en ont besoin !

 Jacques Wersinger