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Editos et Homélies

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Homélie du 4ème dimanche de Pâques

Dimanche 3 mai 2020



Actuellement avec le COVID-19, nous sommes tous dans l’impatience de ce 11 mai qui nous permettra de pouvoir sortir de nouveau de chez nous, de recommencer à vivre à peu près normalement en ayant de nouveau avec les « autres » en passant nos propres portes.

L’Evangile de ce jour nous parle aussi d’une porte, mais pas n’importe laquelle, le Christ lui-même qui est la seule vraie porte du Salut

« Moi, je suis venu pour que les hommes aient la vie, pour qu’ils l’aient en abondance. » Jésus nous énonce clairement son projet, depuis sa naissance jusqu’à sa  résurrection en passant par sa mort sur la croix. Que tous les hommes aient la vie, sa vie, sa vie divine, cette vie éternelle qu’il partage avec le Père et l’Esprit Saint. Et dans la parabole très qu’il nous propose aujourd’hui, il ne s’identifie pas au berger comme il le fera dans les versets qui suivent, mais  il se compare à la porte de la bergerie, cet enclos où les bergers rassemblent toutes leurs brebis pour passer la nuit et les protéger des prédateurs. Jésus est Dieu, Fils de Dieu, et en même temps homme, Fils de l’homme. Par lui et en lui, Dieu vient à la rencontre de l’homme, et l’homme va à la rencontre de Dieu. Il est la porte qui ouvre sur la vie.

Et c’est par notre baptême que nous avons franchi cette porte, c’est par notre baptême que nous avons été plongés avec le Christ dans la mort pour renaître avec lui à la vie. C’est l’invitation que Pierre lance à la foule le jour de la Pentecôte : « Convertissez-vous, et que chacun de vous se fasse baptiser au nom de Jésus Christ pour obtenir le pardon de ses péchés. Vous recevrez alors le don du Saint-Esprit. » Après avoir reçu le don du Saint Esprit le jour de notre baptême, c’est bien le jour de notre confirmation que nous l’avons reçu en plénitude. C’est l’Esprit qui nous pousse chrétiens à nous rassembler en Eglise. C’est lui aussi qui nous pousse au-dehors, au cœur du monde, car l’Eglise n’est surtout pas une secte renfermée sur elle-même. Chaque dimanche, nous sommes convoqués, appelés chacun par notre nom, rassemblés au nom du Père, et du Fils et du Saint Esprit, puis nous sommes envoyés dans la paix du Christ pour aller inviter nos frères et soeurs à se rassembler dans la bergerie. Par ce va-et-vient permanent, l’Eglise est comme un cœur qui bat pour que les hommes aient la vie.

Dans la parabole d’aujourd’hui, si le Christ est la porte, il semble bien que l’Esprit soit le berger qui nous rassemble dans l’unique bergerie et qui nous fait sortir pour aller partager la vie des autres hommes. Et le Père, c’est le portier qui ouvre la porte du Royaume à tous ceux qui s’attachent à son Fils. C’est lui qui envoie l’Esprit, par le Christ, pour que nous aimions le monde comme Dieu nous aime. C’est l’Esprit qui peut transformer notre regard pour que nous portions sur notre société le regard même du Christ, le Bon Pasteur qui, « voyant les foules, eut pitié d’elles parce qu’elles étaient fatiguées et abattues comme des brebis sans berger. » 

Le Christ aime et appelle par son nom chacun de ses frères humains, mais comme les pêcheurs du bord du lac, il en appelle certains d’une  manière plus précise : « Venez derrière moi, et je vous ferai pêcheurs d’hommes. » 

Si je regarde ma propre vocation de diacre, je crois que je n’aurai jamais entendu l’appel si mon aumônier militaire le Père LE FOUILLER ne me l’avait pas formulé. Peut-être pourrions-nous avoir cette audace, à condition de nous souvenir que Jésus, avant d’appeler ses disciples, a passé la nuit seul à prier pour eux. Soyons, en ce dimanche des vocations, donc une Eglise priante et appelante pour que nos communautés chrétiennes aient les pasteurs qui aideront chacun d’entre nous à passer cette Porte qui s’ouvre sur la vie en abondance. C’est à la mesure de notre dynamisme que nous pourrons ainsi stopper tous les brigands qui nous emmènent sur la voie du pessimisme et du découragement.

Amen

Diacre Pierre PAGET



Jésus, le Bon berger et la porte de la Vie…


Dans l’évangile, Jésus est à la fois le berger, la porte… Est-ce que c’est bien logique ? Mais si Jésus prend des images, plutôt qu’un raisonnement. Il y a bien une logique : ces images opposent la manière de faire de Jésus à celle de certains qui veulent diriger les autres et leur dire comment se comporter. On peut essayer d’entrer dans le rôle des personnages de l’évangile : le berger, la brebis… Ou le bandit, indifférent au bien des brebis et qui préfère employer la violence que la douceur.

Première image : la porte. Certains utilisent la force, la ruse, la peur : ils ne passent pas par la porte. L’image de la porte signifie que Jésus ne fait pas irruption de force dans ta vie. On peut penser à un passage du livre de l’Apocalypse : « Je me tiens à la porte et je frappe; si quelqu'un entend ma voix et ouvre la porte, j'entrerai chez lui pour souper, moi près de lui et lui près de moi ».  Rien à voir avec un bandit qui s’invite de force et dévore tout. Quand Jésus s’invite, ce n’est pas pour prendre notre pain, mais pour partager le sien et multiplier le nôtre. Et il sonne à la porte, comme l’ami qui ne force pas et attend patiemment qu’on lui ouvre. Ici, le portier, c’est toi ! 

Deuxième image : le berger qui attire par la confiance et une relation personnelle avec chaque brebis (il connait chacune par son nom). Jésus, le vrai berger, a confié le troupeau à Pierre et aux apôtres en leur montrant comment faire. Regarde bien la manière dont Jésus agit. Dans la religion comme dans la vie courante, on peut « passer en force » parce que ça parait plus rapide, plus facile. Mais on risque de faire le vide autour de soi, et est-ce que ça aide les gens à se sentir plus « vivants », plus heureux ? Jésus vient pour que nous ayons « la vie en abondance », pas pour nous soumettre à ses exigences. 

Si cela ne semble pas clair, relis ce passage de la deuxième lecture de la messe : «  le Christ, lui aussi, a souffert ; il vous a laissé un modèle afin que vous suiviez ses traces. Lui n’a pas commis de péché ; dans sa bouche, on n’a pas trouvé de mensonge. Insulté, il ne rendait pas l’insulte, dans la souffrance, il ne menaçait pas ». On est loin des « bandits » qui viennent voler, égorger etc. 

Quizz vocation : en ce dimanche des vocations regarde si tu es plutôt « loup » ou « berger »

Quand ça ne marche pas comme je veux

  1. J’y vais en force… En mentant un peu, en trichant un peu, en promettant un peu, en criant un peu, en pleurant un peu… L’important c’est que l’autre finisse par faire ma volonté
  2. Je prends le temps d’expliquer, mais ensuite je patiente et je respecte le choix de l’autre

Les « autres »

  1. Je vais les voir quand j’ai besoin de quelque chose, qu’ils peuvent m’être utiles. 
  2. Je vais les voir pour aider, ou que j’ai quelque chose à leur offrir, à partager avec eux.


  1. Ce sont des numéros interchangeables dont le nom et le prénom n’ont pas d’importance.
  2. Chacun est comme unique pour moi, avec tout ce qui fait son originalité. C’est ça des amis.

Si tu n’as que des A : tu es un loup. Mais les loups peuvent se convertir : saint François l’a montré.
Si tu n’as que des B. Tu seras prêtre, religieuse, père ou mère de famille. Mais tu seras un vrai berger !
Si c’est un peu de B, un peu de A…  Développe le bon en toi, sans te décourager, et suis le Berger ! 

Jacques W