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Homélie


Dimanche de la Joie 4° dimanche de carême

 

Seigneur, en ce dimanche, jour de résurrection, nous répondons à ton appel à te célébrer.

Nous voulons par notre prière rendre présent ton mystère de RESURRECTION à notre vie d’aujourd’hui en attendant que tu reviennes.
Nos certitudes sont ébranlées, nous nous questionnons et l’Eglise aujourd’hui nous enjoint de recevoir ta joie. Celle de savoir que tu as vaincu la mort, celle qu’il faut redouter : la mort par le péché dont nous parle St Paul.

Je suis dans la joie, car tu es avec moi Seigneur,
Je suis dans la joie, car tu fais de nous des fils de Dieu
Je suis dans la joie d’être sauvé et je te rends toutes grâces reçues de toi.

Alors, en famille, nous allons te prier, te chanter. Pour nous aider nous trouvons sur nos téléphones des chants.

Chants suggérés : « Regardez l’humilité de Dieu », « Venez, approchons-nous de la table du Seigneur », « Relever le faible » (Glorious)

Mais avant de nous unir dans la prière, préparons ensemble nos cœurs.

En ces moments difficiles, parfois je ne vois pas les petites attentions des autres.
SEIGNEUR PRENDS PITIE

En ces jours de confinement, il m’arrive de t’oublier, d’avoir peur, de ne penser qu’à moi.
O CHRIST PRENDS PITIE

Parce que je n’agis pas toujours pour le bien de tous
SEIGNEUR PRENDS PITIE

Liturgie de La Parole. (Textes du jour disponibles sur aelf.org)

Dieu prend soin de son peuple, il agit. Pas toujours selon nos critères, à notre manière, mais il choisit des hommes pour faire advenir son royaume. De ces hommes, il fait des prophètes.

C’est pour nous l’occasion de nous rappeler notre baptême qui a fait de nous des prêtres, des rois et des prophètes. 

Nous pouvons méditer le psaume 22 que nous connaissons bien. Il faut le lire à défaut de savoir le psalmodier et nous laisser habiter par cette joie que nul ne peut nous ravir : nous savoir dans la main de Dieu.

Ce carême, déjà bien commencé, nous a permis de mieux laisser le Seigneur nous révéler qui nous sommes.

Seigneur si je te dis merci pour tout ce qu’il y a de beau dans ma vie, tout ce qui est suite de ton Fils, tu me révèles aussi mes zones grises qui par la grâce de Dieu et le combat spirituel me donnent d’entrer un peu plus dans ta lumière. Mais il reste des zones de résistance : que nous sachions les discerner, les nommer et les combattre pour entrer dans ta lumière afin d’être en communion avec nos frères et avec toi Seigneur. 

Enfin, ton Evangile est bonne nouvelle, JOIE.

Une première approche de l’évangile de « l’aveugle-né »

L’épisode commence par « l’aveuglement » des disciples : ils ne voient pas pourquoi cet homme est aveugle. C’est forcément son péché ou celui de ses parents. Jésus donne un premier éclairage.  Ce n’est pas une punition, car l’œuvre de Dieu ne consiste pas à aveugler mais à éclairer.

Il ne faut limiter l’épisode à la guérison physique. Il s’agit surtout d’une illumination spirituelle. Jésus, « lumière du monde », permet de « voir clair ». C’est-à-dire de discerner le sens des choses et leur vérité, de pouvoir se diriger droitement.

L’’homme est docile à la voix de quelqu’un qu’il ne voit pas encore mais s’est fait proche jusqu’au contact avec un supposé « pécheur ». Il pose le geste simple demandé : « va te laver à la piscine de Siloé ». Pourtant Jésus n’a rien promis et il n’y a théoriquement « rien à faire » pour un aveugle de naissance, « puni » par Dieu. Cela le transforme : il « voit », bien qu’il n’ait pas encore vu le visage de Jésus et qui il est vraiment, cet homme vient nécessairement « de Dieu ».

Cette transformation n’est pas qu’une bonne nouvelle. Voir clair lui coûte cher : il se heurte à l’incrédulité, à l’hostilité, enfin à l’exclusion. Il devra choisir. Mais le débat lui permet aussi de méditer sur l’identité profonde de Jésus. Finalement il reconnait en Jésus le « Fils de l’Homme », et reconnaît Dieu à l’œuvre à travers lui : il se prosterne.  Cette prosternation devant Jésus accomplit la promesse fait à la Samaritaine qui demandait où se prosterner pour adorer Dieu.

Ironiquement tout semble s’inverser : les pharisiens, maîtres de l’interprétation de la Loi, censés éclairer les autres par leurs enseignements sont prisonniers de leurs certitudes. En déclarant « nous savons », ils se ferment à toute recherche de lumière. Pour Jésus la cécité en soi n’est pas un péché, comme il le dit au début. Le péché est dans leur certitude de voir par leur propre lumière.  

 

Ceux qui voulaient éclairer les autres et montrer le chemin sont jugés par leur propre comportement. Face à la transformation de cet homme, au point qu’on hésite à le reconnaître, ils préfèrent des explications incohérentes avec les faits plutôt que d’avouer qu’ils ne savent pas. Ils finissent par se cantonner à des affirmations gratuites et à une exclusion.  

Ceci interroge nos propres aveuglements. A notre regard sur les autres, sur Dieu. A la manière dont notre foi en Jésus n’est pas un ensemble de certitudes menant à l’exclusion. Ceux qui prétendent « savoir », et campent sur leurs positions quoi qu’il advienne finissent par tourner en rond comme des aveugles.

L’évangile montre le passage d’une confiance « aveugle » à une foi éclairée. C’est l’expérience de ceux qui se sont convertis au Christ et posent désormais un autre regard sur le monde, menant à la communion fraternelle et à la confiance en Dieu.

Pour notre joie en ce dimanche du Laetare, apprenons qu’il n’est pas besoin d’avoir tout saisi du Christ pour bénéficier de sa bienveillance t de sa lumière. La foi est un itinéraire de vie, allant de la foi à la foi, de la confiance « aveugle » mais qui ose se mettre en marche et parvient finalement à la joyeuse découverte que cet homme, qui m’a éclairé, est bien le Seigneur.

 

Pour aller plus loin 

Afin de mieux comprendre ce long Evangile je vous propose d’en faire des séquences d’action pour en connaître les articulations qui font passer cet homme de la cécité à la confession de foi, c'est-à-dire à la lumière : Dieu qui sauve.

Dieu n’est pas l’auteur du mal et de la mort.

Face à l’incompréhension de ses interlocuteurs, Jésus se révèle LUMIERE

Jésus agit et demande à l’aveugle de coopérer, IL OBEIT

INCREDULITE des témoins qui ne voient pas l’œuvre de Dieu dans le cœur des hommes

Ce miraculé TEMOIGNE sans maîtriser le processus qui l’a amené là !

INCREDULITE des autorités qui refusent de voir, campés sur leurs idées.

Le miraculé TEMOIGNE « C’est un prophète » ; « Un Choisi de Dieu »

« ILS NE VOULAIENT PAS CROIRE » Les pharisiens s’enfoncent dans leurs certitudes, refus des signes de Dieu à en tordre la réalité.

Une enquête à charge

Les Parents se défaussent, RENIEMENT, Ils ont « PEUR »

Procès de Jésus : « cet homme est un pécheur »

Nouveau TEMOIGNAGE du « guéri » malgré la tournure des évènements.

Confusion, pugilat, ténèbres.

Confession de foi du miraculé : « S’IL N’ETAIT PAS DE DIEU, IL NE POURRAIT RIEN FAIRE »

EXCOMUNICATION « ILS LE JETTENT DEHORS » c'est-à-dire qu’ils le jettent de leurs ténèbres !

Sorti des ténèbres une deuxième fois, Jésus l’invite à une CONFESSION DE FOI

PROFESSION DE FOI, ADORATION

Conclusion : C’est Dieu qui nous révèle notre péché, tel est le jugement de Dieu en Jésus. Et aujourd’hui par l’Eglise le Christ, qui « s’est fait péché pour nous » comme le dit St Paul, nous arrache aux ténèbres et nous donne la lumière pour être en communion avec les Hommes et avec Dieu.

Qu’est-ce que cette Parole exprime de mon chemin de foi ?
Je fixe mon regard sur Jésus, l’aveugle, les autres.
Il y a un avant, un après pour l’infirme, et les autres ?
Qu’est-ce que cette Parole exprime de mon chemin de foi ?
Ai-je fait cette expérience, de libération par Jésus ?
A quelle démarche suis-je invité ?
A quel passage vers la lumière Dieu m’entraîne-t-il 
Mon expérience de Dieu m’amène-t-elle à la confession, à l’adoration, à être missionnaire ?

Prière universelle

Pour l’Eglise.
Seigneur, nous avons besoin de ta lumière. Que l’Eglise sache faire rayonner ta présence qui guérit et qui sauve.

Pour le monde
Seigneur, la pandémie nous bouscule dans nos certitudes. Que nos dirigeants sachent orienter notre société selon les valeurs chrétiennes vers le Christ qui est la Vérité.

Pour les blessés 
Seigneur, en ce temps de confinement, les plus faibles sont encore plus exposés à leurs fragilités. Que nous sachions témoigner de ta tendresse et de ta bienveillance auprès des plus fragiles.

Pour notre communauté
Seigneur tu fais de nous un peuple de croyants. Que nous sachions être, là où nous sommes, un signe de ta présence aimante.

Communion spirituelle

« Il est opportun de cultiver dans les cœurs le désir constant du sacrement de l’eucharistie. C’est ainsi qu’est née la pratique de la « communion spirituelle », heureusement répandue depuis des siècles dans l’Eglise et recommandée par de saints maîtres de la vie spirituelle » St. JP II,  ECCLESIA DE EUCHARISTIA,n°34

Seigneur, par le confinement, je ne peux pas communier encore une fois aujourd’hui. Je te désire ardemment

Viens Seigneur, toi qui donnes ta vie pour moi.

Viens Seigneur Jésus dynamiser ma vie par ta présence agissante de mort et de résurrection

Viens Seigneur, fais de mon cœur un tabernacle 

Viens visiter mon âme, mon esprit.

 

Prière du Pape François

« A tes pieds, O mon Jésus, je me prosterne

Et je t’offre le repentir de mon cœur contrit

Qui s’abîme dans son néant et dans ta sainte présence.

Je t’adore dans le saint sacrement de ton amour,

Désireux de te recevoir dans la pauvre demeure que t’offre mon cœur.

En attente du bonheur de la communion sacramentelle,

Je veux te posséder en esprit.

Viens à moi, O mon Jésus, pour que je vienne à toi.

Que ton amour enflamme tout mon être,

Pour la vie et pour la mort.

Je crois en toi, j’espère en toi et je t’aime.

Ainsi soit-il » 

Le 19 Mars 2020.

 

 

FAIS SEIGNEUR QUE JE VOIS !


Jacques Wersinger