Des équipes de quartier ou petites fraternités missionnaires

Voilà un an que nous avons lancé des équipes de quartier. Cette année, conjointement au départ de notre évêque, les paroisses étaient appelées à faire le point sur leur vie fraternelle et sur leur vie missionnaire, nous en avons fait un temps fort du carême 2015 et avons choisi de le faire en équipe de quartier. En soi, c’était déjà mettre en acte notre capacité à fraterniser et notre ouverture missionnaire. Douze équipes ont vu le jour à Ste Thérèse.

Aussi, avec les membres du conseil pastoral, nous pensons qu’il y a là un effort à mener, un sillon à creuser pour que ces équipes deviennent une réalité pastorale de notre vie paroissiale. C’est un beau moyen de penser la paroisse plus largement que les seules frontières de la communauté habituelle. La fraternité chrétienne ne se fait pas d’abord par affinité mais dans l’ouverture au plus proche (cf la parabole du bon samaritain : mais qui est mon prochain ?).  En d’autres termes désormais bien connus, c’est choisir d’aller aux périphéries, fraterniser avec ceux qui nous entourent, être attentifs aux joies, aux tristesses, aux attentes que nous discernerons : « Les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps, des pauvres surtout et de tous ceux qui souffrent, sont aussi les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des disciples du Christ, et il n’est rien de vraiment humain qui ne trouve écho dans leur cœur… La communauté des chrétiens se reconnaît donc réellement et intimement solidaire du genre humain et de son histoire. » (Avant propos de la Constitution Gaudium et Spes de Vatican II ) 

Ces équipes rendront visible la vie fraternelle en un lieu donné.  Le plus souvent elles seront géographiques mais elles pourront aussi se constituer par réseau.

Comment les constituer ?

·       Tout d’abord par un repérage  des lieux de vie des membres habituels de la communauté chrétienne. Il y a des chrétiens qui habitent le même quartier et ne se connaissent très peu.  A l’occasion des équipes de quartier de ce carême, certains se sont découverts au-delà des salutations habituelles de politesse échangées à l’église…Comme l’on exprimé deux personnes : on n’est pas chrétien qu’à l’église

·       En invitant les personnes qui prennent contact avec la paroisse à l’occasion de services religieux que sont les sacrements, les obsèques, la catéchèse… Dans cette perspective, il sera nécessaire, en amont,  de sensibiliser ces personnes oralement et par les documents écrits qu’on leur donne  sur l’existence de ces équipes et qu’à l’occasion, elles seront invitées à les rejoindre.

·       Dans une attention à celles et ceux qui nous entourent et qu’il serait bon d’inviter. Cela nécessite une certaine audace mais aussi une  conversion du regard pour voir, entendre les attentes, les désirs, les appels de l’Esprit au cœur des gens…

·       Pour aider à la mise en place de ces équipes, il est important de faire un  listing où apparaissent les chrétiens pratiquants et les personnes ayant pris un contact avec la paroisse et habitant le même quartier.

·       Il est nécessaire d’avoir une ou deux personnes responsables pour coordonner et convoquer ces équipes. Ces personnes pourront se retrouver pour faire le point.

Que faire dans ces équipes ?

Un travail de préparation de la part des prêtres ou de personnes formées sera nécessaire pour des propositions simples qui aideront au partage de la Parole et des thèmes choisis. Les équipes pourront se retrouver à un rythme plus ou moins soutenu. Deux rencontres dans l’année seraient un minimum. Par  exemple :

·       A l’occasion de l’Avent et du  Carême.

·       On peut aussi  penser qu’une équipe ait le désir de se rencontrer régulièrement autour de la Parole de Dieu…

·       On peut aussi imaginer, comme on l’a déjà fait par le passé,  une pérégrination d’une icône en lien avec la fête de Ste Thérèse ou du mois de Marie avec ND de la joie ou de l’Epine ou à l’occasion d’un temps fort liturgique (Avent, carême, temps pascal)

·       Possibilité d’élargir autour de la Toussaint et de la journée des défunts, de la Pentecôte, du 15 Août….

·       On peut aussi imaginer ces équipes comme un lieu de partage de ses joies, de ses tristesses, de ses questions, de la vie du quartier en fonction des événements de la vie et de la société tel que l’éducation des enfants, les migrants, le mal et la souffrance, la prière à la maison…  également comme un lieu de prière, de soutien pour les uns et pour les autres comme le font par exemple les équipes du Rosaire ou autre mouvement.

·       Un lieu où l’on projette une action commune : la fête des voisins, une action solidaire, une entraide, une détente commune, une marche….

·       Une rencontre/débat autour d’un film ou documentaire regardé ensemble sur des sujets de la vie, de la foi…

En conclusion :

Suite au conseil pastoral du 18 mai en présence du diacre Pierre Tabouillot dont la mission est de susciter des équipes relais dans les villages et dans les quartiers, nous sommes confortés à avancer dans ce sens.  

Lors de ce conseil, nous avons pu mettre en lumière le travail de l’Esprit :  Promouvoir ces équipes, c’est encourager la communion fraternelle au delà des affinités habituelles, c’est permettre un « suivi » des personnes qui ont un contact occasionnel avec la paroisse et c’est encourager une ouverture missionnaire d’où le nom de « petites fraternités missionnaires » emprunté à Mgr Yves Boivineau dans sa lettre aux communautés chrétiennes du 11 octobre 2012 :

« Ne craignez pas de vous retrouver de façon régulière pour écouter et prier la Parole, et ainsi constituer de petites fraternités missionnaires… Ces petites fraternités, qui se réunissent dans les maisons, maintiennent en éveil et en état de mission. Elles se rencontrent…autour d’un passage de l’Écriture. Ce temps de prière et de méditation peut se prolonger ensuite par un temps d’échange pour partager nos joies ou nos soucis, mais tout particulièrement nous rendre mutuellement attentifs aux personnes qui souffrent ou qui traversent des épreuves. L’écoute de la Parole aiguise et purifie notre écoute, notre regard… De petites communautés de village, de quartier, sont nécessaires pour voir, écouter, être proches, partager les joies et les peines. Ces fraternités doivent enrichir la vie communautaire paroissiale et l’Eucharistie dominicale. »

Oui, l’Esprit saint est à l’œuvre et nous encourage à l’ouverture missionnaire « à ne pas être chrétiens qu’à l’Eglise » pour reprendre l’expression de Claire, membre du conseil.

 

                                                                          Père Marc Hémar.